La Guerre des Violets

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La Guerre des Violets

Message par Eugénie Morgan le Mer 6 Juil - 22:28

Mardor, 5ème phase du printemps de l'an VII de l'ère 16

Dans la cour de la forteresse, les serfs s'affairaient à nettoyer les dernières traces du terrible drame qui se joua ici même au Fort des Affamés. Quelques semaines plus tôt, les troupes du mercenaire Spleen avait envahis le fort vidé par Eugénie Morgan. Cette grande armée fut alors coupée de ses renforts logistiques et la nourriture vint à manquer marquant une des scènes les plus terribles de la guerre des Violets où nombre de soldats périrent en proie à la famine ou à leurs propres congénères...

Eugénie se trouvait dans la salle à manger, avec son prisonnier, le Vicomte Galdor. Dans cette guerre des Violets, le Vicomte engagé du côté de Perdiglas avait eu le courage ou la folie de lancer sa troupe de chevaliers à l'assault de la forteresse.

A peine 167 chevaliers contre une forteresse ! Certes ils n'avaient pas démérité, pulvérisant d'une charge puissante les 300 lanciers qui tentèrent de les arrêter. Sur leur lancée ils abattirent 7 murailles et mirent à sac 2 donjons avant d'être arrêtés par les défenses du fort. Le Vicomte Galdor se rendit et fut enfermé dans une petite cellule crasseuse.

Dès son arrivée Eugénie réprimenda les soldats qui n'avaient pas traité le Vicomte selon son rang et lui fit préparer une chambre décente pour sa détention, avec 2 gardes chargés de veiller sur lui mais surtout de répondre à ses demandes.

" Vicomte, comment qu'avez-vous pensé en attaquant ma forteresse ? Vous pensiez vraiment pouvoir repousser mes hommes avec votre petite troupe ? demanda Eugénie à son invité.

- Hum, mes éclaireurs, m'ont présenté un rapport que d'autres espion avait fait, je me suis alors empressé de partir au combat car, selon ce rapport, nos troupes étaient largement gagnantes, quelle ne fut pas notre surprise arrivé aux portes de la forteresse, en voyant ces murs immenses se dresser devant nous. Il semblerait que le rapport était erroné.

- Vous n'êtes pas bien renseigné alors, rigola Eugénie en levant les yeux vers lui.

- En effet, il s'agissait d'un rapport datant de Lunor, 4ème phase du printemps de l'an VII de l'ère 16, 19H24.

- Ainsi vous m'espionnez ? Je ne peux pas vraiment vous en tenir rigueur, nous avons été mis dans des camps différents. Sachez qu'après la guerre des Violets vous serez libéré, bien entendu.

- Ce n'était point mes hommes.

- Un informateur donc ! Allez ne parlons plus de cela. Parlons plutôt de..."

Soudain un capitaine entra en trombe et interrompit le repas. Eugénie se tourna vers lui, étonnée, le regard à la fois sévère et inquiet. Le soldat intimidé attendit qu'elle lui demande la raison de son irruption pour annoncer l'arrivée d'une nouvelle armée violette de Perdiglas, celle de Messire François, près de 3500 hommes accompagnés de trébuchets. Eugénie se leva et s'excusa devant le Vicomte Galdor qui lui sourit : "Reviens-moi vite ! ". Eugénie marqua un temps d'arrêt devant ces propos hardis de la part du Vicomte. Son regard se posa dans le sien quelques secondes, elle lui adressa un sourire un peu gêné puis se tourna vers la porte où le capitaine attendait.

La Grande Duchesse d'Arald, ou plutôt Violette Eugénie comme l'appelait maintenant Grinzu Kralle quitta la salle à manger, sortit du donjon saisissant au passage son épée et son casque qu'elle posa sur sa tête. Elle se dirigea vers les créneaux des murailles, accompagnée d'une dizaine de lieutenants qui ne cessaient de parler examinant toutes les possibilités stratégiques les plus adaptés pour repousser l'assaillant. La demoiselle d'Arald n'écoutait pas, elle se contenta de regarder l'armée ennemie se préparer à lancer l'offensive. Une première cohorte s'avançait, des lanciers équipés d'échelles pour grimper sur les hauts murs. Les lieutenant continuaient leurs bavardage quand Violette Eugénie les interrompit brusquement demandant si les archers étaient prêts. Quelques secondes plus tard les 5000 archers décochèrent leur volée meurtrière qui s'envola dans les airs tel un nuage noir avant de retomber sur les troupes de Messire François. Le carnage fut terrible, les soldats s'effondraient et l'on compta plus tard 2798 corps transpercés par les flèches.

La cohorte anéantie, c'est la cavalerie d'Arald qui fut envoyée à la rencontre de l'ennemi. Les 500 chevaliers de Messire François chargèrent également mais il furent vite dépassés laissant la cavalerie d'Arald passer et foncer vers les trébuchets qui furent détruits avant de tirer la moindre pierre sur la forteresse, ou peut-être une ou deux qui écrasèrent quelques soldats.

La victoire était totale, Messire François était repoussé. Les lieutenants fiers de cette magnifique victoire, commençaient leur descente des remparts, ils reprenaient leurs refléxions stratégiques pour savoir s'ils avaient bien adopté la meilleure tactique. Eugénie, quant à elle, restait en haut des murs, le vent faisait voler ses cheveux qui reprenaient leur liberté tandis qu'elle otait son casque. Ses yeux se posèrent vers la plaine où gisaient les nombreux cadavres. Ses yeux brillaient, de plus en plus, car des larmes naissantes s'amoncelaient petit à petit. Son casque tomba par terre, dans un bruit métallique qui résonnait maintenant dans sa tête. Elle pensa à nouveau à son Papa. Serait-il fier d'elle devant cette nouvelle victoire ? Qu'était-elle venu chercher dans cette guerre des Violets ? La gloire et le prestige ? Par les armes ? Un doute s'insinua dans son esprit...
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Eugénie Morgan
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